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Conseil Economique, Social et Culturel de la CEN-SAD : L’IRREVERSIBLE DYNAMIQUE COMMUNAUTAIRE

Le Conseil économique, social et culturel est l’une des institutions phares de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (CEN-SAD). Cette institution qui a son siège dans notre pays tient depuis hier la première session ordinaire de sa deuxième mandature. La cérémonie d’ouverture était présidée par le chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré. Elle s'est déroulée dans la salle de conférence du Conseil économique, social et culturel en présence des membres du gouvernement, des présidents des institutions de la République et des ambassadeurs des pays de la Communauté accrédités dans notre pays.

"Quel rôle pour les masses populaires dans le processus d'intégration africaine ?", ainsi s’intitule le thème de cette session. Le président du CESC, Moussa Balla Coulibaly, a confirmé la constante disponibilité de notre pays à accueillir toute manifestation pouvant contribuer à l'union des peuples africains, au renforcement de leur souveraineté et à la satisfaction de leurs besoins.

Ayant présidé la première mandature du CESC, il a produit un rapport succinct pour l'information des membres de l'institution et accroitre l’efficacité dans la conduite de ses activités.

Le secrétaire général de la Communauté, le libyen Mohamed Al-Madani Al-Azhari a rappelé aux membres du Conseil, les missions confiées à l'organe par les leaders et chefs d'État. Ces missions consistent à attirer l'attention des instances de la Communauté sur les réformes nécessaires dans les secteurs économique, social et culturel de l'espace CEN-SAD, à assurer la représentation des principales activités dans ces domaines et à favoriser la collaboration entre les catégories socioprofessionnelles.

Pour l’accomplissement de cette mission, il a garanti le soutien des leaders et chefs d'État qu’il a qualifiés de « permanents artisans » du bien-être social et du progrès économique des populations de la communauté. Mohamed Al-Madani Al-Azhari en veut pour preuve le lancement sous leur impulsion de programmes majeurs pour le développement économique et social comme "Al-Khadafi pour la femme, l'enfant et la jeunesse", "le projet de société pour le changement" au Bénin ou encore "le projet pour le développement économique et social" dans notre pays.

Au cours de la présente session, il reviendra aux conseillers, après avoir procédé à une évaluation critique de la première mandature, de se réorganiser pour contribuer à la conception des politiques et programmes communautaires. La traduction en idées et programmes, du thème de la présente session constitue un premier challenge. Il s'agira, en l'occurrence, de faire des suggestions permettant de mieux impliquer la population dans le processus d'intégration.

Le président de la République, Amadou Toumani Touré a souligné l’importance des CESC dans nos pays, des institutions qui peuvent être considérées à la fois comme des phares et des rétroviseurs.  

Mais, a relevé le chef de l’Etat, une organisation ne peut être crédible que par les résultats qu'elle engrange. « Les gens ont aujourd'hui plus besoin de concret que de discours », a-t-il souligné à ce propos en rappelant que le thème de la présente rencontre répond aussi à une préoccupation des chefs d'État de l'Union africaine. Pour le cas du Mali, il n'y a aucun problème puisse que notre loi fondamentale stipule que le Mali est prêt à céder une partie de sa souveraineté, s’il le faut pour la réalisation de l'Union africaine. « Tout le monde semble d'accord pour aller à l'union, mais le chemin qui doit y mener est conçu différemment d'un camp à un autre », a noté le chef de l’Etat.

Ainsi, les fédéralistes comme le Mali veulent aller à l'union tout de suite. Les souverainistes, eux aussi, veulent y aller mais posent un certain nombre de conditions. Ces deux tendances côtoient ceux qui ne disent rien.

Evoquant la décision du dernier sommet de l’Union africaine de transformer la Commission de l’UA en « Autorité de l’Union », Amadou Toumani Touré a rappelé que « le Mali a toujours adhéré sans réserve à l'intégration africaine. Il y a cru et continue d’y croire. Les pays africains sont obligés, un jour ou l'autre d’aller au gouvernement de l'union, à l'intégration et aux États-Unis d'Afrique ».

Le président Touré a demandé aux conseiller d'orienter leurs réflexions vers les différentes crises qui ont secoué l'Afrique ces derniers temps (cherté de la vie, crises alimentaire et financière, baisse des investissements, privatisations imposées et difficultés que rencontre le secteur du coton). "La générosité a reculé. Nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes", a-t-il observé en exhortant les conseillers à faire passer le message dans la population.

Le président de la République a soulevé d’autres problèmes comme les prises d’otages dans l’espace communautaire, la circulation de la drogue et l'émigration clandestine. "À partir du moment où les menaces sont transfrontalières, les réponses ne peuvent qu'être transfrontalières", a-t-il relevé.

Organe consultatif composé de 5 membres désignés par chaque pays membre de la CEN-SAD, le Conseil économique, social et culturel est chargé d'assister les organes de la Communauté dans la conception et l'élaboration des politiques, plans et programmes à caractère économique, social et culturel des pays membres.

Il se réunit une fois par an en session ordinaire mais peut aussi, sur demande du président de la Communauté, du président du Conseil ou d'un Etat membre, se réunir en session extraordinaire.

Son siège se trouve dans notre capitale.

S. DOUMBIA